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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 19:20

Bonjour à tous. (désolé pour le manque de poésie ... j'y reviendrai bientôt)

Quelle joie, quel bonheur d'avoir un Président qui bricole! (dans la chanson chantée par Patachou, c'était un mari qui bricolait et donnait tant de joie).

Ni à droite ni à gauche qu'ils disaient. Une nouvelle façon de politiser (repris de poétiser).

Et ben dis donc, je vois bien la marche.

Je me souviens d'une petite histoire, je craque et je pouffe, je vous la livre: Quelle différence y a t-il entre un canard. Réponse: rien surtout la droite.

Question: entre un canard et quoi?

Réponse: entre un canard.C'est tout.

Question: et pourquoi la droite et pas la gauche?

Réponse: parce que dans un canard ni de droite ni de gauche ben c'est surtout la droite.

Sur le site d'en marche surtout la droite, on peut lire un mot très intéressant, le mot cohérence.

C'est vrai quoi! la cohérence, c'est important. Mais la cohérence évoquée était celle d'une recherche citoyenne, enfin c'est ce que j'ai cru lire.

Ah au fait, avant sur le site d'en marche on pouvait écrire, ce que j'ai fait d'ailleurs (pas de réponse). Maintenant c'est un répondeur.

Il n'y a pas encore:

si vous appelez pour une diminution d'impôts pour les riches et les très riches, tapez 1 

si vous êtes heureux(es) de voir votre aide au logement diminuée de 5 euros quel que soit votre revenu Tapez 2

si vous voulez apporter votre aide aux multinationales Tapez 3

si vous souhaitez voir majorée la TVA tapez 4

si vous appelez pour renâcler ne tapez pas ............... même punition si vous fumez, buvez et diésèlisez, contentez-vous de préparer le porte-monnaie prolétaire.

 

Vous savez ou ne savez pas, je n'ai rien contre l'idée de faire de la politique autrement et même d'être dans une République en marche, et ce n'est pas contre le militant de base, ni ces député(e)s nouvellement élu(e)s qui montent à la tribune avec leur sincérité et leurs émotions, et qui m'ont convaincu de leur sincérité justement, à travers leurs mots qui parlent de liberté, d'égalité et de fraternité, d'humanité pour tout dire et ça me va.

Mais restons vigilants et pas par décret. Parce que quand un appareil se met en marche!!!

Bon je dois être un peu simplet.

YR

     

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 13:25
René Farabet en 1983• Crédits : R. Picard - Radio France

René Farabet en 1983• Crédits : R. Picard - Radio France

La mort de René Farabet, inoubliable figure des Ateliers de Création Radiophonique

23.06.2017

https://www.franceculture.fr/creation-sonore/la-mort-de-rene-farabet-inoubliable-figure-des-ateliers-de-creation-radiophonique

Il fut comédien, enseignant, il fut surtout le principal producteur des Ateliers de Création Radiophonique sur France Culture de 1969 à 2001... René Farabet est mort ce 20 juin 2017.

 

Acteur majeur de la radio en France, aux commandes pendant plus de 30 ans des ACR fondés par Alain Trutat et Jean Tardieu, René Farabet est mort ce 20 juin à l'âge de 83 ans. Il a profondément influencé la création radiophonique, confiant à la fiction comme au documentaire, et souvent de manière hybride, le pouvoir d’entraîner l'auditeur dans des mondes inouïs profondément poétiques.

Qu'on l'ait croisé comme metteur en scène ("Autour de Monsieur Teste" de Paul Valéry au Festival de Montpellier 1985, "La Vie mode d’emploi" de Georges Pérec au Festival d’Avignon 1988), comme auteur de documentaires dont les œuvres ont été primées (Prix Italia, Futura, Ondas, Europa, Gilson), comme écrivain (" L'acteur et la parole", "Bref éloge du coup de tonnerre et du bruit d'ailes", "Théâtre d'ondes, théâtre d'ombres", "Gauguin, l'ultime question"), c'est toujours la même rigueur qui le conduisait.

Il a reçu le Grand Prix de la SCAM en 1993 pour l'ensemble de son œuvre dont : "Comment vous la trouvez ma salade ?", "L'ai-je bien descendu, l'avons-nous bien monté ?", "Cordoba Gongora", "Paroles du dedans", "Les Bons samaritains", "Voyage en terre Same", "Une étoile nommée absinthe", etc.

Comme sculpté par Giacometti, il marchait l'oreille tendue, souriait de façon désarmante, livrait avec préciosité et générosité ses réflexions sur un monde sonore qui lui était essentiel : "La radio pour ceux qui acceptent simplement que ralentisse en eux le flux journalier, qui acceptent de partir en voyage, et qui laissent un peu de nuit entrer dans leurs yeux..." (extrait de "Théâtre d'ondes, théâtre d'ombre", éditions Champ Social).

En guise d'hommage, nous vous proposons de réentendre quelques-unes de ses émissions les plus mémorables :

Comment vous la trouvez ma salade ?

Un reportage diffusé en 1971 sur différentes formes de commerces (marché, grand magasin, galerie marchande) avec interviews de grévistes et de responsables du BHV et, en ponctuation, des publicités pour des armes lourdes, des bruits d'armes.

"L'ai-je bien descendu, l'avons-nous bien monté ?", ACR sur le music-hall de René Farabet diffusé le 1er janvier 1978 et rediffusé dans Les Nuits de France Culture

Paroles du dedans : Centrale de St Maur

Première diffusion dimanche 13/12/1992 : Dans ce programme se font entendre les voix nues de douze détenus de la prison centrale de Saint-Maur s'exerçant aux métiers du son (et auteurs eux-mêmes de bandes sonores) dans le "Studio du Temps" installé par Nicolas Frize à l'intérieur de l'espace pénitentiaire. Au cœur de la forteresse carcérale, il est impossible d'oublier la situation de l'enfermement et de l'exclusion. Mais, comme le rêve - et la fiction - le son a la possibilité de traverser les murs et, grâce à lui, la dialectique du dedans/dehors est enrichie considérablement. L'écoute (et l'enregistrement) ici, ne peuvent être qu'une approche intense de l'autre, c'est-à-dire une ouverture momentanée des frontières tracées par notre société (note du producteur).

"Autoportrait d’un nouveau musée : Orsay", documentaire signé René Farabet en 1986 et rediffusé dans Les Nuits de France Culture

Irène Omélianenko, Antoine Lachand

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 10:03
Ashes and snow (Gregory Colbert)
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 17:33

Tout a commencé dans la quiétude du jour naissant. Lentement. Cotonneux.

 

Comme la simplicité d’un matin tiède et calme, une lueur douce pose sur la feuille une parure de rosée.  Perçant de son mystère les gouttes alanguies avant l’ardeur juvénile du printemps,  la lumière adolescente pose un regard gourmand sur les feuilles et les branches. Adulte lumière, elle vaporisera de son souffle soyeux les larmes d’espoirs en nuages. Les oiseaux mêlent aux branches des portées de chants clairs.

Comme une paix choisie par la nature un léger bruissement perçu, vol de papillons aux ailes de silence. L’attente peut-être ?…  attente d’un autrement, d’une chanson furtive ? L’air semble gourd des heures douces et tendres, des pauses sur images, des torrents immobiles. Heures douces et tendres sous les vagues arrêtées d’un flux en suspend. Rêvées les idées d’oisiveté, de soupirs à peine prononcés.

Comme un souffle nouveau mais déjà à travers les branches perchées, les brins de terre, un vent lève les voiles des toiles d’aragnes,  nimbées parures blanches des tricoteuses de soies. Le ru patient court la prairie, sourd parfois aussi des herbages en de légers tourbillons. Des vaguelettes en ressac éclaboussent le vert pâturage, maelstroms nourrissons, fourrages des herbes folles, gouttelettes vite englouties  au détour d’un méandre. La nature écoute son corps frémir, attend le message. Peu à peu, étirant les courants, les vrilles vent volent et caressent feuilles et brins, branches et silences, pauses et plaintes.

Comme une révolte naissante un mouvement désordonné né de rien ou de si peu semble investir en douce la place, chasse la pensée sereine.De légers balancements inordonnés, les roseaux saluent de leurs plumets en révérences de plus en plus prononcées, les herbes étonnées de cette ivresse nouvelle. Le ciel assombrit ses pastels d’union en ciels aux bleus charnus tachés de lait cru. Les oiseaux bruissent leurs ailes en volètements déjantés.

Comme une pause, d’un coup, rien… arrive et plus rien ne bouge, ne bruit. Le temps fait silence, l’oiseau se tait…

Comme un cauchemar, dans un craquement, le vent persiste et signe dans ses envies de crier, de hurler au loup et peu à peu hardiment, déplie ses ailes furibondes. Les indigos drapés ouvrent la porte aux feux qui, en blessures de lames fines déchirent les dais de terre sous des grondements lourds, graves et roulants, puis secs et coupants.  Tout s’accélère et le paysage se charge de multiples notes d’inquiétude, balbutiements farouches d’idées soufflées au vent mauvais.

Comme une tempête, maintenant la terre tremble de fureur. Le faîte forain des arbres en manèges roule, tourne, bouscule,  tord, enroule, exulte les saveurs et les sons sauvages de l’orage. Une moiteur étouffe la vie de ses nauséeuses vapeurs et de ses actes démesurés. Les cataractes de ciel versent des larmes de colère sur le monde. Les rus en tempête se gonflent des saveurs âcres de marées meurtrières. Et dure, dure et encore, dure jusqu’à l’épuisement de ses sources.

 

La nature se reprend peu à peu de sa colère et adoucit ses traits.

Comme une colère, tout est un dans la colère. Tout est tout dans la colère.

 

Le visage congestionné de fureur, les tripes nouées, l’orage dans ma tête casse le temps en miettes de stupeurs, étonnées de cette violence. A mes yeux, le jour revient peu à peu.

Je m’éveille de l’instant, en pleurs. Enfin. Épuisé, tremblant. Vide des sens, ma pensée calme ses couleurs. Je ne comprends pas comment est né cet ouragan incontrôlable, incontrôlé.

Pour un malgré tout, ironie, la question : la colère, pourquoi, ne serais-je qu’un homme ?

                                             

                                      Yannick Racapé (01/06/2017)

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 12:28

Comment mêler deux textes passés et ne faire qu'une histoire de vie.

Pour une histoire d’amour

Je me souviens, jours heureux de cette maison où ont poussé mes centimètres et mes émotions d’enfant.

J’habitais avec mes parents et mon petit frère un village de Bretagne, d’Argoat, du côté de Paimpont entre Miroir aux Fées et Val sans Retour, département d’Ille est pas si Villaine. Quels mots pour grandir en toute rêverie. Il s’appelait et s’appelle, ce village, Ker… je ne sais plus, ou Saint Ker… Saint Ker, Saint Cher, Saint Amand, je ne sais plus (cpalahicunsain).

Notre maison était attenante à l’école vraiment libre, c’est-à-dire laïque elle, car mes parents étaient de ces hussards persuadés que seules l’instruction et l’éducation créeraient un monde nouveau et propre de toute haine.

Alors que de France et de Navarre, marronniers et platanes trônaient à Cache-cache ou jouaient aux Quatre-coins des cours de récré, la nôtre s’ornait d’un unique, gigantesque à mes yeux d’alors, cognassier. Pas de quatre coings, mais le centre du monde.

Cet arbre marquait sûrement les saisons avec ses répétées verdeurs, floraisons, fructifications, défeuillaisons, nudités. Il était un repère de plus dans le temps.

Tout en ânonnant les tables de multiplication sur un air chaque année reconnu, tout en apprenant les « choses » par leçons entières, un œil guettait toujours le vieil arbre où souvent et hors récré  un et des oiseaux de notre paradis, posaient sur les branches leurs pattes menues,  s’égosillaient de chants superbes et glorieux.

Alors que Automne puis Hiver roussissaient peu à peu et dépenaillaient ses habits, Printemps habillait notre seigneur de cour de milliers de boutons déroulant les même milliers de fleurs d’un rose pâle au milieu de ce vert,  tendre promesse d’été.

Les insectes insectaient, les abeilles et bourdons abeillaient et bourdonnaient jusqu’à plus soif la belle histoire du temps et de la vie.

A notre vue la base de chaque fleur s’enflait d’un pois.

Puis Printemps, Été s’efforçaient d’apporter la sève nourrice.

Automne finissait le travail en gonflant le fruit chaque jour un peu plus et en tirait du cœur un jaune à la fois acide et chaud, annonçant les gelées magiques.

Mon cœur aussi gonflait et récitait avec frissons son prénom. Non!  pas le prénom de l’arbre, lui se nommait arbre et de lui-même,  pensée magique de l’enfance.

Anne était son prénom, je me souviens.

Il n’y avait qu’une cour de récré dans cette école et si les classes de filles et de garçons étaient séparées, la cour était commune à nos ébats pas encore amoureux mais rivaux et curieux de la gente opposée.

Elle est arrivée un matin d’avril, la petite Anne, mon petit printemps, mon doux soleil, mon espoir immédiat, mon demain de toujours.

Je la dévisageai, elle me vit, nos regards glissèrent de l’un à l’autre. Le jour aussitôt couronna mon ciel d’une figure d’ange, de ce que j’imaginais l’ange dans sa plus grande splendeur.

Je vous explique l’ange. Le curé du village avait une prédilection pour le calva de Papa et en profitait lâchement et amicalement pour tenter l’évangélisation de ses hôtes avec des images laissées, négligences, sur la table de cuisine.

Ma petite rouquine des amours premières, tes taches de rousseur émaillant tes joues et ton nez à la retroussette, taches que quelques semaines passées je compterai  sur ton teint pâle et fragile, ta robe fleurant bon le mystère de la différence. L’amour naquit, mon premier amour, un matin de printemps dans les yeux d’un bleu marin d’une écolière. J’ai comme toi dix ans et depuis nous avons dix ans, elle et moi...

 

Qui es-tu, toi qui t’éveilles au matin et qui oses venir  troubler ma vie ?

Je suis l’enfant ?

Qu’est ce que l’enfant ?

C’est une promesse.

C’est toi, c’est moi, c’est nous, ici et maintenant comme dans l’ailleurs.

C’est l’homme qui cherche toujours, c’est l’homme qui se cherche.

C’est la quête du vivre sous les cieux infinis.

Je suis l’enfant et je dis.

 

Que veut l’enfant ?

L’enfant veut vivre.

L’enfant veut un ciel sans frontière.

 L’enfant veut percevoir, apprendre, comprendre, construire.

L’enfant veut manger les heures à sa faim, à satiété.

 

J’étais enfant à la naissance du monde.

De la nuit, une aube de terre ouvrait ses espoirs car j’étais enfant à la naissance du monde…

Née de la glaise des jardins, éclatait la vie, des soleils éclairaient grand le cœur des fleurs.

Vêtus du manteau des nuages, naissaient mille et cent oiseaux aux ailes furtives.

Monde ouvert, l’homme grandissait ses mots jusqu’à la marée fertile du savoir, du comprendre, du vouloir.

 

Hélas, vouloir désir, vouloir vainqueur déjà, et déjà l’horizon rougissait chaque instant.

 

J’étais jeune homme aux premiers pas du monde.

De la nuit, une soif inconnue crissait ses démons sur les pierres du chemin tracé.

L’homme mesurait le temps.

L’homme mesurait l’amour.

L’homme mesurait l’envie.

L’homme mesurait aussi la guerre.

 

J’étais un homme aux premiers cris du monde.

Qu’étaient ces cris sourds à mes oreilles. Chant du monde ou Chant des hommes ?

Cris de querelles ou cris de merveilles annoncées.

Saveurs de déserrance ou saveurs étirées du fruit de la passion ?

 

Que dit l’enfant ?

L’enfant dit que la rosée chante la joie de la fleur à ouvrir sa chair en une corolle de pétales.

L’enfant dit que l’homme est aveuglé de lui et ne sait pas regarder.

L’enfant dit qu’il est sot celui qui croit tenir entre ses mains la vérité.

L’enfant dit que la vie existe et qu’il la dévore à plein poumon.

L’enfant dit que pour cela, il cherche dans la tendresse, les mains aimantes, attentives donnant la force de se dresser à la face du mensonge.

 

Où va l’enfant ?

L’enfant, pieds joints ou à cloche-pied sur la marelle, se prête un voyage de la terre au ciel. L’enfant joue à devenir homme.

L’enfant s’étire le corps dans une course folle qui le conduit des minutes d’hier aux heures de demain.

 

J’étais vieillard aux premiers soirs du monde et je vous chante comme je chante cette vie si désarmante, si belle et trouble. A vous revoir passants, à nous retrouver autour d’un ailleurs peut-être ou d’un songe, mais…me devrais-je inquiéter d’un songe ?

 

 

 

...

J’ai comme toi dix ans et depuis nous avons dix ans, elle et moi.

 

Les saisons avaient érigé en force notre amour sous les sourires bienveillants de nos parents. L’été s’enfuit. Nous avions quitté la petite école pour rejoindre le collège des vieux mais nos étreintes furtives, nos baisers d’oiseaux fragiles et chastes continuaient leur œuvre. Le temps conjugué au pluriel nous offrait un voyage perpétuel. Nous nous retrouvions chaque fin de semaine et pour les petites vacances. Anne, ma sœur Anne, ma mie, ne vois-tu rien venir ?

 

Automne était arrivé avec ses aléas de froidure nouvelle, de brouillards, givrant déjà.

 

Sous ton bonnet couvrant le front jusqu’aux yeux, tu devenais,Anne, elfe et farfadet, drôle de troll dont la bouche découverte offrait à mes lèvres son aimant. Main dans la main nous parcourions la campagne puis rentrions par la route un peu buissonnière des écoliers, chemins paisibles et fous  de nos premiers émois.

 

Un jour enfin ce fut l’heure. Dans la cour de récré l’arbre ployait ses branches en une dangereuse tension proche de la rupture, les fruits mûrs et chauds offraient leur couleur à la cueillette.

 

Nous rêvions de bêtises, alors, tous deux décidés à franchir le fleuve Amour,  nous allâmes aux coings avec le bonnet d’Anne.

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 20:25

Aujourd’hui à minuit

les loups blonds se sont réunis

avec force aboiements.

Et l’un d’eux a tenu ce sermon :

dans l’Etat des loups blonds

les troupeaux de moutons prolétaires

ne sauraient être mangés que par des loups clairs.

Pour cette raison, un seul principe à valoir :

à bas les loups noirs !

Et quand on en vint à la violence

même les moutons furent de la danse.

Erich Weinert  (1890-1953)
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 19:33

Cucurucucu Paloma

Dicen que por las noches
Ils disent qu'il passait
Nomas se le iba en puro llorar,
Ses nuits a pleurer
Dicen que no comia,
Ils disent qu'il ne mangeait pas
Nomas se le iba en puro tomar,
Il ne faisait que boire
Juran que el mismo cielo
Ils jurent que le ciel lui meme
Se estremecia al oir su llanto ;
Se retrecissait en ecoutant ses pleurs
Como sufrio por ella,
Comme il a souffert pour elle
Que hasta en su muerte la fue llamando
Meme dans sa mort il l'appellait
Ay, ay, ay, ay, ay, ... cantaba,
Ay, ay, ay, ay. , ay…. il chantait
Ay, ay, ay, ay, ay, ... gemia,
Ay, ay, ay, ay, ay…il gemissait
Ay, ay, ay, ay, ay, ... cantaba,
Ay, ay, ay, ay, ay…. il chantait
De pasión mortal... moria
De passion mortelle…il mourrait
Que una paloma triste
Qu 'une colombe triste
Muy de manana le va a cantar,
Va lui chanter tot le matin
A la casita sola,
A la maisonette seule
Con sus puertitas de par en par,
Avec ses petites portes
Juran que esa paloma
Ils jurent que cette colombe
No es otra cosa mas que su alma,
N'est rien d'autre que son ame
Que todavia la espera
Qui attend toujours
A que regrese la desdichada
Le retour de la malhueureuse
Cucurrucucu... paloma,
Cucurrucucu…. colombe
Cucurrucucu... no llores,
Cucurrucucu…ne pleure
Las piedras jamas, paloma
Jamais les pierres, colombe
¡Que van a saber de amores !
Que savent elles d'amour !
Cucurrucucu... paloma, ya no llores
Cucurrucucu…colombe, ne pleure plus

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 18:44

Comme le scorpion mon frère, tu es comme le scorpion

Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d'épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau
Dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.
Tu es terrible, mon frère,
Comme la bouche d'un volcan éteint.
Et tu n'es pas un, hélas,
Tu n'es pas cinq,
Tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand le bourreau lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l'abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus drôle des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s'il y a tant de misère sur terre
C'est grâce à toi, mon frère,
Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous somme écorchés jusqu'au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu'à dire que c'est de ta faute, non
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

 

Nazim HIKMET, 1948.
 

 

Poète turc, il a écrit :
Paysages humains,
De l'espoir à vous faire pleurer de rage,
Lettres de prisons

...

 

 

Nazim Hikmet (1901-1963)
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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 10:42
Pas mon boulot!!!
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 10:40
Louis Aragon (1897-1982)   J'entends j'entends

J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir

J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

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