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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:00

Pierrot de la lune, toi qui cherches le vent dans les paroles de terre, dans les paroles des choses, des êtres du vivant, tu es la matière vive et le chaînon manquant entre la raison et ma folie.

Tu parles enfant de femmes et d’hommes, enfant femme et homme, tu parles du jour qui se lève et des rêves engendrés de beauté, de sagesse et de force que tu nous forces à regarder  dans la pauvreté et la douleur de nos infinies frayeurs.

Tu persistes le temps d’une joie, d’un espoir, tu écartes d’un geste grave les effluves des mondes abandonnés aux puissances de gloire et d’envie. Rêver dis-tu n’es pas jouer, envier n’est pas vivre.

Rêver les mots du rire ensemble, oui. Rêver un espace de paix, oui.

 

Mais, qui es-tu, toi qui t’éveilles au matin ?

Je suis l’enfant ?

 

Qu’est que l’enfant ?

C’est une promesse.

C’est toi, c’est moi, c’est nous, ici et maintenant comme dans l’ailleurs.

C’est l’homme qui cherche toujours, c’est l’homme qui se cherche.

C’est la quête du vivre sous les cieux infinis.

Je suis l’enfant et je dis.

 

Que veut et que dit  l’enfant ?

L’enfant veut vivre.

L’enfant veut un ciel sans frontière.

L’enfant veut manger les heures à sa faim.

 

J’étais enfant à la naissance du monde.

De la nuit, une aube de terre ouvrait ses espoirs car j’étais enfant à la naissance du monde…

 Née de la glaise des jardins,  éclatait la vie. Des soleils éclairaient grand le cœur des fleurs.

Vêtus du manteau des nuages, naissaient mille et cent oiseaux aux ailes furtives.

Monde ouvert l’homme grandissait ses mots jusqu’à la marée fertile du savoir, du comprendre, du vouloir.

Vouloir désir, vouloir vainqueur déjà, et déjà l’horizon rougissait les  instants.

 

J’étais jeune homme aux premiers pas du monde.

De la nuit, une soif inconnue crissait ses démons sur les pierres du chemin tracé par la vie.

L’homme mesurait le temps.

Temps du vivre et du construire.

L’homme mesurait l’amour.

Amours étonnées de la vitalité à naître les étoiles.

L’homme mesurait l’envie.

Passions sourdes et chaos des sources du désir.

L’homme mesurait la guerre.

Guerres de sang et d’indifférence.

 

J’étais un homme aux premiers cris du monde.

Qu’étaient ces cris sourds à mes oreilles. Chant du monde ou Chant des hommes ?

Cris de querelles ou  cris de merveilles annoncées.

Saveurs de déserrance ou saveurs étirées du fruit de la passion ?

 

Que dit l’enfant ?

 

L’enfant dit que la rosée chante la joie de la fleur à ouvrir sa chair en une corolle de pétales.

L’enfant dit que l’homme est aveuglé de lui et ne sait pas regarder.

L’enfant dit qu’il est sot celui qui croit tenir entre ses mains la vérité.

L’enfant dit que la vie existe et qu’il la dévore à plein poumon.

L’enfant dit que pour cela, il cherche dans la tendresse, les mains et les lettres, les mots  donnant la force de se dresser à la face du mensonge.

 

Où va l’enfant ?

L’enfant, pieds joints ou à cloche-pied sur la marelle, se prête un voyage de la terre au ciel. L’enfant joue à devenir homme. L’enfant s’étire le corps dans une course folle qui le conduit des minutes d’hier à celles de  demain.

 

J’étais vieillard aux premiers soirs du monde et je vous chante comme je chante cette vie si désarmante, si belle et trouble. A vous revoir passants, à nous retrouver autour d’un songe, mais…me devrais-je inquiéter d’un songe ?

 

Je suis l’enfant à la naissance du monde…

YR 13/11/2016

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Published by Yannick Racapé - dans Et si demain...
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