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Chanson de révolte
La Chanson de Craonne est connue pour avoir été entonnée par les soldats qui se sont mutinés (dans une cinquantaine de régiments de l'armée française) après l'offensive très meurtrière et
militairement désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames. Au cours des combats, les soldats français, partant de la vallée de l'Aisne, devaient « monter sur le plateau » tenu par l'armée
allemande.
Ces révoltes sont sévèrement réprimées, notamment par le général Pétain, nommé le 17 mai 1917 pour remplacer le général Nivelle avec pour mission d'endiguer l'effondrement du moral des soldats.
Plus de 500 "mutins" sont condamnés à mort (dont 26 effectivement exécutés).
Plusieurs variantes de la chanson sont attestées.
Les paroles les plus connues sont celles publiées par Paul Vaillant-Couturier, lui-même issu d'une famille d'artistes lyriques parisiens, selon deux versions légèrement différentes : celle de
1919 parue dans La guerre des soldats et une autre, parue dans le journal Commune, en 1934.
L'écrivain anarchiste Henry Poulaille, soldat sur le Chemin des Dames, publie, en 1937, une variante dans Pain de soldat : 1914-1917.
La chanson de Craonne
Paroles diffusées par Paul Vaillant-Couturier
Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête
- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes
- Refrain -
C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là
- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour messieurs les gros
De monter sur l'plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau
Sources Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chanson_de_Craonne
L’air utilisé est une chanson de Charles Sablon : Bonsoir M'amour
Charles Sablon, compositeur français né le 5 janvier 1871 à Paris, mort en 1928.
Connu également sous le nom d'Adhémar ou Adelmar Sablon, il composa de nombreuses chansons populaires, qui furent interprétées par Édith Piaf, Paul Dalbret, Fred Gouin, Jean Sablon, Henri Garat,
Karl Ditan, Emma Liebel, etc.
Il était le père de André Sablon, Marcel et Jean Sablon et de Germaine Sablon.
Sources : wikipedia
http://pascalalain.jimdo.com/marche/galerie-photos/sortie-craonne/
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