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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 19:13

Voleur de temps ?

 

 

Sur les vaisseaux fantasques voilant vers d’autres amériques,

On dit de moi que le temps j’ai volé,

Que les mots empêtrés  de lointaines habitudes

Sont les secondes précieuses à tes mains dérobées.

 

De quoi m’accusez-vous, gens de monde, gens de biens,

De quoi suis-je porteur, larron dérobant, détrousseur ?

 

Il est vrai, je le dis, sans regret, sans remord :

 J'ai volé sur les eaux quelques crêtes de brumes,

des encens enlacés aux parfums d’Orient,

des voiliers , des frégates, oiseaux de bons augures

 glissant sur le sommeil  de lendemains qui chantent,

de vagues sentiments arrachés à la pierre,

des matins éveillés aux paroles du vent,

les ailes déployées d’un livre de voyage

pour offrir un manteau de rêves

à vos enfants.

J’ai volé des palais effondrés sur les toits de la jongle,

les mensonges ravinés des rus de l’amertume,

des siècles de paroles interdites aux innocents manèges

de chevaux dans le bois tournants et retournants,

un esprit simple et tendre,

des eaux et des tourments,

des hommes signifiés,

des soleils de déluge

dans une arche perdue

de nos Eh ! de nos Oh !

de nos cris de lumières.

 

J’ai volé dans le ciel

les astres de la nuit dont la lune,

des arc-en-ciel  poivrés de mille et deux couleurs,

des nuages de lait dans un thé de saveurs,

des vies qui s’offraient à d’autres aventures,

des voleurs, des perdus, des seigneurs de la terre,

des saigneurs de verbe qui nous cassent le corps,

des vertus engagées  

livrées nues aux rayons imparfaits de nos conditionnels.

 

J’ai volé dans tes yeux

les cieux qui m’accompagnent,

les odeurs de ta voix, de ton rire,

 les rives enchantées de fleuves de délires

emportés vers les coques de houle des bateaux,

des silences instants,

des amours forteresses aux longs chemins de ronde,

des images en miroir,

des reflets soucieux,

des orgues tonitruantes  de portées éclatées,

la tendresse muette,

la passion,

les fruits de la décence,

le frisson de douleur de la séparation,

 

J’ai volé loin de tout

Les racines  secrètes des murs de ta maison.

 

 

           J’ai volé, dites-vous !

J’ai volé, je l’avoue.

Comme pour habiller mon corps de vos offrandes,

J’ai volé dans vos mains un peu de votre peau.

 

 

 

                                                                  Yannick Racapé

                                                                    14/01/2001

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Published by Yannick Racapé - dans Paroles
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commentaires

regnauld chantal, 23/10/2012 17:47

Pardon pour la faute. J'ai été trop vite!!!

regnauld chantal, 23/10/2012 17:45

Waouh!!! Que c'est manifique !

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