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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 17:20
Credo

Pour un bonheur perclus de tant de pas

Battus au son de nos peines légères

Et désertés de rives entrevues, poussières

Accordées sur les mots de leurs tracas

J’ai dû rêver d’app’lez-ça « amouralgie »…

Je crois

Pour deux sous d’âme arrachés aux langages

Tout en partance pour un certain je-ne-sais-quoi,

Je ne sais pas, je n’en puis mais… et si je dois

Cesser tous ces chemins qui mènent au voyage

J’ai dû rêver d’app’lez-ça «embagagerie»…

Je crois

Au fil de l’eau d’une histoire lointaine

Coulant au cœur comme autant de printemps

Vétus et lèges de souvenirs battants

Et sans regret mais mémoire fontaine

J’ai dû rêver d’app’lez-ça « génostalgie »…

Je crois

Pour une feuille morte au gré du lendemain,

Quant automne fauve et ocré de langueurs

Cercles de fée étendant leurs douceurs

Vient se nicher dans les lacs de nos mains

J’ai dû rêver d’app’lez-ça « mélancolie »…

Tout simplement

Je crois

Et puis ?

YR 05/2013

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Published by Yannick Racapé
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 11:40

« Etre dans le monde vivant, c’est être vivant à la lumière du soleil, voir les autres et être vu par eux, vivre en réciprocité, se souvenir de soi et des autres. »

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Published by Yannick Racapé
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 16:19

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.


2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

Article 20

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

Article 21

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

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Published by Yannick Racapé
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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 20:25

Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.

Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 18:28

A bout de souffle et de rêve, IL claque le livre oubliant le marque-page.

C’est ainsi que se termine « presque » cette courte, courte nouvelle.

L’histoire d’un homme qui prit avec mauvaise grâce un livre qui ne devait plus jamais le quitter.

IL marche sur les quais de Seine. Un vent froid lève l’écharpe lovée autour de son cou. Il aurait dû croiser, nouer les pans et ainsi consacrer la chaleur à son corps mais ça ne se fait pas, un pan en avant, un en arrière, style vieil étudiant romantique, ça en jette.

Oui mais le vent froid ondule et cerne les marges à cru de sa peau et le voilà qui frissonne. Tant pis pour lui, pour l’image, vieil étudiant romantique ou comme-ci, mais je noue. Brise-bise, la douceur frissonne le cœur.

Les bouquinistes sont presque tous au rendez-vous des oubliés, l’air glacé gèle les pages et l’encre ; à quoi bon lever la boite à bouquins ? Il fait tôt. Fou de se lever au froid glaçant, pas de client, il est encore temps de blottir les ombres de la nuit entre les draps. Acheter et lire, ils attendront bien le plein jour… s’ils sortent. Oui mais Lui ? bon on y va.

IL poursuit d’une démarche chancelante sous les percées et malgré la fraîcheur, son voyage intérieur. Le quai s’est bientôt couvert de murmures (du verbe murmurer) et de susurres (du verbe susurrer). C’est aussi comme ça que ça se passe dans sa tête, ça murmure et ça susurre. Il cherche, il hésite, il invente un scenario plausible à sa présence ici sur ce trottoir, rien ne vient alors il avance simplement comme tombe la feuille de l’arbre ou l’ennui du cahier d’écolier. Il ne va quand même pas dessiner au sol un oiseau à la craie comme une Gribouille. Ses pas portent le monde en quête d’ivresse, son désir d’ivresse, son ennui comme s’ennuie la feuille tombe de l’arbre, comme fuit la larme du cahier d’écolier.

Un cri le happe, chant de harpie surprenant le mulot, trop tard pour fuir. Il voudrait ruer le moment à toute allure et lui aussi s’enfuir, non, son corps s’est arrêté à quelques mètres d’un vieux bonhomme au chapeau mou, si mou qu’on se croirait dans un « Dali ». Ça coule comme montre au soleil. L’homme assis sur une chaise paillée antique agite les bras, une bonne bouille haute en couleurs surtout du rouge, le froid, le vin peu importe, bonne bouille ridée vicelarde de celui qui cache bien son jeu ou le cache si peu qu’il en rit à l’avance. Un farceur, ce doit être un farceur, un sorcier, un bouquiniste le dos appuyé contre la boite vert bouteille posée là à cheval sur le mur du quai. Au-delà du quai aucun bateau en partance, un badaud face à lui.

« Je t’attendais ! »

IL regarde le visage raviné, surpris.

« Tu m’attendais ? »

IL tourne la tête à la recherche de l’attendu. Il n’y a que lui.

« Regarde là, je l’ai gardé pour toi ! »

IL s’approche étonné, il a gardé quoi. Frôlant l’homme ou le chapeau, il s’approche de l’étal, jette un œil à l’intérieur, rien qu’un vieil ouvrage à la couverture souple froissée, sale, jaune, passé.

IL regarde le bouquiniste, interrogateur.

« C’est le dernier et je t’attendais. Quand tu seras parti je fermerai la porte à Pandore. Je me fraierai au milieu de nulle part un chemin sur les berges du Styx, espérant l’arrivée prochaine d’un Charon passeur de rives. Je savais que tu viendrais et tu es là. J’hésitais à venir, le froid, l’âge, la peur de l’abouti. La certitude de te rencontrer m’a aidé à vaincre mes réticences.

Je vais te raconter une histoire, écoute mon garçon.

Il était une fois un vieil homme qui construisit sa vie sur un flot de mensonges, sur une crête de vie, sur des mots, de tout et de rien. Mais un rien couvrant le tout de la volonté de l’être, la volonté d’être hors les aléas de l’espérance ou du désespoir. Tous les mots de la terre auraient pu passer dans sa faim de comprendre s’il en avait eu le temps. Bien sûr, pas le temps de percevoir, ressentir et vivre ce tout. Les secondes coulent avec célérité de la naissance à la mort. Elles ne laissent aucune illusion à qui veut poursuivre l’immensité du savoir. Pour se vaincre de cette finitude et se convaincre, il décida de construire une tour de Babel des mots et des pensées, il inscrivit chaque jour les plus intimes de ses recherches. La rivière ceignait son corps et son esprit, livrait son âme aux bonheurs ininterrompus du questionnement. Peu à peu la maison étendit ses murs au plus près de la cité. Elle n’était plus une île mais une ville, un paysage fait de mille et mille dialectes, ribambelles de vivants, incendies de raisons et d’irraisons, guerres de fatalités et de fraternités, guerres de signes.

Les années passèrent en toute inquiétude et les pages se couvrirent d’encre porteuse d’ivresse.

Un jour ou peut-être une nuit, il perçut dans son cœur un refrain qui disait :

« Les pages de ta vie ouvriraient bien des portes,

Portes de paradis mais si tu n’y prends garde

Seul de ton silence et de tes vieilles hardes

A quoi te servirait ce trésor qui emporte

Loin du monde les mots que tu avais promis.

Ne laisse pas fermer les pages de la vie

Et donne ce que peux aux enfants de la terre

Les lettres de bonheur, de rire et de colère.

Passe le temps pour toi et bientôt de la nuit

Tu pourras naître enfin ton chemin de misère.

Si tu laisses, muet, si tu laisses au mépris

Ce que les mots du sang un jour te léguèrent

A quoi t’aura servi cette vie, cette terre,

Cette poussière que tous les hommes fuient.

Quitte donc ce fardeau, donne lui à graver,

Les pages singulières, pages au port ancrées.

Offre lui ce présent de ton passé construit

Montre lui la lumière, la marée et le bruit. »

Alors voilà, tu es là aujourd’hui parce que je t’ai choisi. Il fallait bien que je choisisse quelqu’un, je devais. Alors toi, pourquoi pas toi. Le livre que tu vois c’est le sel de ma terre, tel que j’ai pu le sauner. Le palud m’a aidé chaque jour a tiré l’essentiel, évaporant au passage l’inutile. Ce livre est à toi, il conduira ta quête d’absolu. Va mon gars, prends-le, je te le donne. Que peux-tu craindre, je te montre le départ de la sente et après, ben … à toi de voir, d’avancer, d’adapter les mots à tes pas. »

IL hésite, ne comprend pas ce qui arrive, pourquoi ? le mot exact c’est tergiverse, il a envie de … mais… il a froid et c’est abracadabrant cette histoire.

Quelle rime à tout ça ? Après tout.

IL tend la main vers le fond du présentoir et se saisit du livre sous le regard pétillant du livrier.

IL le tient maintenant entre ses mains l’objet du dilemme, prendre ou ne pas prendre. Ses doigts gourds cherchent à ouvrir l’ouvrage là où un petit marque-page semble montrer le chemin, à LA page.

Comme deux ailes à l’envol, déployées, le livre repose sur ses paumes ouvertes. IL a ôté le signet et regarde avec circonspection les multitudes de signes graphés sur le papier. De toutes petites lettres, minuscules pattes de mouches, formes étranges, dessins sommaires envahissent le papier. IL avec précaution tourne une page, mêmes signes et objets. Nouvelle page, rien de neuf. Nouvelle page rien de neuf.

S’aidant de son pouce IL feuillette l’ouvrage, survole, quand un méchant coup de vent déséquilibre le livre. La main trébuche à rattraper celui-ci. En un dernier geste, comme en essor, main et papier se dressent vers le ciel. Privés d’équilibre les signes, discrètement d’abord, puis en chevauchées fantasques glissent du recto, du verso, du recto, du verso, de la première de couverture même … une pluie de toutes petites lettres, minuscules pattes de mouches, formes étranges, dessins sommaires s’évadent en silence devant les yeux effarés de IL et tombent qui aux pieds du lecteur, qui avec délectation vers une liberté de voyages attendus, valsant le souffle et la vague (certains affirment d’ailleurs avoir aperçu quelques uns d’entre elles, d’entre eux en divers lieux de la terre).

C’est maintenant une terre vierge entre deux mains à construire, livre blanc.

Surpris, ébahi, stupéfait IL regrette d’avoir osé ouvrir cette pseudo Babel.

IL lève les yeux vers le bouquiniste et s’aperçoit avec fureur que celui-ci, hilare, le regarde lui et sa bonne bouille ridée vicelarde de celui qui cache bien son jeu ou le cache si peu qu’il en rit à l’avance.

Faisant demi-tour et courant presque dans sa colère, IL fuit emportant avec lui le cadeau empoisonné. Sous les éclats de rire entendus derrière lui, IL s’emporte un demain d’écriture et de vie.

A bout de souffle et de rêve, IL alors claque le livre oubliant le marque-page.

YR 06/03/2016

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 17:17
Et si jamais ...

Et si

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 12:09

Chante le vent

Et les pétales folles

S’envolent

Dans les voiles du temps.

YR 02/2016

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 20:39

Comme un corps se souvient de nos trêves sang/vie

Versées sous les méandres de fleuves parcourus

De pirogues voilées, ramées, plongeantes et nues

Descendant vers les rêves, aux caresses d’envie …

La violence…des à corps…

Mille doigts d’écume ensorcèlent nos jours

Mille doigts de soleil à nos heures pliés

Sous les cieux mélodies d’un violon sorcier

Froissent une romance aux draps/rives d’amours

Saisons aux douces fièvres, frissons tôt agités

D’une mer familière aux grèves de mémoire,

Je neige sur ton sable des flocons en miroirs

Et dors sur un reflet par ton ombre blessé…

De violence et d’oubli…

Tant ciel et juste cause, lac ivre de ta peau,

Caresse singulière au pluriel éprouvé

Chères attentes en regrets, j’entends mes mains glisser

Sous les arcs déployés où flottent entre deux eaux…

La violence et l’ivoire…

Des orages tissés de toiles de tonnerre,

Sur des métiers ardents aux passions d’indigo

Je tremble de fermer aux soleils d’oripeaux

Mille soldats de mains aux couleurs de nos guerres…

Violences et défaites

Bataille sous serments, les heures régulières

Transent et martèlent et gorgées de frissons

Livrent en échos perdus, s’inventent en chansons

Les errances furtives de nos nuits passagères…

De violence… et de vie

Heurtant chaque seconde, brisant au fil du vent

Des myriades d’étoiles en lices d’étincelles,

L’amour en ce matin traînera la semelle

Pour retenir nos mains dans les voiles du temps…

De tendresse et d’amour…

Mille doigts d’écume ensorcèlent nos jours

Mille doigts de soleil à nos heures pliés

Sous les cieux mélodies d’un violon sorcier

Froissent une romance aux draps/rives d’amours,

Aux draps ivres d’amour.

YR 27/11/2000

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Published by Yannick Racapé
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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 18:27

Trainant à ses basques le soir et les lunes, le vent claque les dents du ciel en une myriade de couleurs fantasques.

Je regarde le ciel, j’y entends des chants d’oiseaux et je rêve à l’inconcevable, l’infini.

Honneur aux mots des jours battus, zéphir ou marin au ciel, il tire les pensées en des secondes d’attente.

Attendre le jour suivant, attendre le soir d’absence, attendre le temps du rien ou du tout petit rien, attendre l’espoir peut-être.

L’homme n’est au monde qu’une virgule de souffrance dans sa conscience de la souffrance, dans sa conscience du fini.

Quand tout est point, arrêt, quand l’enfant apprend la mort, il fait souffrance irréparable de sa vie.

Quand la vie étend ses bornes jusqu’au crépuscule du petit rien, l’homme cherche chimère en transmutant un séjour en éternel.

Croire possible le temps étiré et rendre visible à travers l’art l’imperfection de nos jours comptés. Peindre les espaces visibles ou invisibles, creuser et sculpter les matières de corps, chanter aux orgues le désespoir, quelle quête que ce travail à cœur perdu et quelle dérision que de croire ! oui mais croire et la création reconforme à mes yeux le visage du monde et aide à poser quelques questions saugrenues, à porter un regard soucieux sur le fonctionnement du tout et ma dérisoire faiblesse de face à face.

Vivre est une tâche ardue. Alors vivre ou se battre, vivre et se battre, vivre c’est se battre, se battre ça veut dire quoi et se battre soumet-il notre vivant à la nécessité de croire…

Oui mais si nécessaire, à quoi croire (fallait le dire)?

A des dieux ex machina à qui soumettre nos jours ex machina ? ex nihilo et fluctuat nec manu militari mergitur ?

A des pasteurs du « savoir » ex machina, bergers menant moutons à l’abattoir, au nom de dieu (oh ! nom de dieu surtout pas !) sans poser de questions, sans se poser de questions ?

A l’arme qui parle vrai puisque je la tiens et que je suis LA vérité au nom d’un mais si, d’un mais non, d’une idée, d’un chef, d’un plus fort, d’un galonné de savoirs, de pouvoirs, de vouloir pouvoirs, d’une vengeance sur l’engeance?

A la faune dont je suis, je respire et procrée comme ça, rien qu’appliquer ce qui est écrit dans le gène.

Vivre en pensées, agir en sifflant l’air de rien, mais agir ou peut-être s’agiter pourquoi pas, inutilement.

M’agiter me donne la douce impression de servir la cause de ma vie d’homme, de la vie d’homme. Mégalo au point de transformer ma vie d’homme en « la vie d’homme », il faut oser, j’ose.

Dire, écrire, penser tout haut, graphouiller (rien que pour emmerder l’académie qui m’a retiré un ph à mon nénuphar, alors que le ph c’est dans l’eau qu’il faut le mesurer et que la grenouille ne retournera jamais poser ses pattes et ses « côâs » sur un nénufar), tordre le fer quand peut me chaut, que fais-tu mon lapin, je m’amuse ma muse et je taquine le gorgeon !

Tout ça pour ça, ouaip, mais y a des jours où c’est beau malgré la bêtise humaine, malgré sa cruauté, malgré les gueulantes que je voudrais pousser et que je ne pousse pas, malgré l’absence totale de capacité au long terme, malgré l’égoïsme, l’égocentrisme dont nous sommes vêtus, y a des jours comme ça ou j’y crois au vivre passionnément.

Passionnément questionner, accepter la non réponse et simplement attendre le jour suivant, attendre le soir d’absence, attendre le temps du rien ou du tout petit rien, attendre l’espoir peut-être.

Les yeux grands ouverts, alors, je regarde le ciel, j’y entends des chants d’oiseaux et je rêve à l’inconcevable à l’infini.

YR 23/02/2016

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 18:02

Un garçon, simplement un garçon. Pas simplement un garçon, simplement une vie, déroutée et perdue dans ses désirs impossibles. Je m’appelle Adrien… ou Adèle peu importe, ou Jean ou…

Du cauchemar il est né. De qui de quoi, bof !

Les nuits ressemblent aux nuits, les nuits d’Adrien ressemblent à mes nuits. Etouffante nuit où le jour disparait sous des lambeaux d’une brume opaque et suffocante.

Souffle court, les hurlements du cœur crient dans le silence cassé des draps sous-marins où je m’enferme pour éloigner le mal qui gronde. Les images répétées de lignes et de pals, portées par le chant de l’angoisse qui peu à peu me chaut, portée et mesures défilant les espaces vitesse grand V.

Adrien s’éveille dans les impossibles secondes du corps qui hurle de douleur, assis, mi-sommeil encore, pas tué par la bête qui tord les tripes, la colère qui prend, qui tourne le sens des images, sages, sage comme un rivage. Les yeux retournés dans les orbites, révulsés on dit, il ne voit plus rien. Circulez, rien à voir que la mort qui rôde alors ne pas voir. Une fois encore, une fois de plus la bête a tenté son va tout. Niquée la brute, nananère ! C’était pas loin, je m’éveille enfin, épuisé, noyé de larmes, de chagrin, haletant.

La folie, Petit-Père va à « la Folie » par le train d’enfer des absences.

Rompre le corps, tuer le corps rebelle éclaboussant de peur la nuit.

Fait comme un rat, où est le piège ?

Un collant noir, des ballerines, un tricot de coton blanc il se tient là, coi, attendant ce qu’il ne sait pas.

Rompre le corps, il va apprendre à rompre son corps enchanté de portées de musique sous les doigts attentifs d’une pianiste aveugle qui deviendra une complice du bonheur de danser sa vie.

Le docteur avait dit qu’il fallait pour le petit, très rapidement fatigué son corps (maintenant on l’enverrait très vite en psychothérapie), fatigué son corps en espérant que la nuit le corps épuisé autoriserait un peu de calme et de rêve.

L’école municipale de danse classique offre son parquet, ses barres à qui veut l’entendre… et ses petites nanas.

Tu voudrais faire de la danse me demande t’on ?

Ben ch’sais pas, on peut toujours voir. Le piège à rat est tendu, Adrien n’a plus qu’à tomber dedans.

Danser et encore danser, croire au corps, penser le corps renaissance, charrier des tonnes de gravats du dedans vers l’ailleurs, expectorer le monde de désobéissance, vaincre la peur, la frayeur des espaces, de son regard. Partir dans un rêve de vie et croire à l’amour fou dérivé de sang cognant les entrailles.

Partir et pour toujours sur des flots de notes et de signes…

Première position et battement latéral, plus haut la jambe, toujours plus haut et toujours plus de douleur, casser le cœur du corps.

Marionnette et marionnettiste à la fois.

Tendre le fil, casser la main, qu’elle devienne oiseau, bel oiseau de pur espace, oiseau de l’ombre sur des airs infinis de poésie, caresse au bras ployant sous la séduction, grâce, grâce infini du temps déroulé dans un jardin de folles avances. Séduction, séduire, séduire mon être refusé. Aimer.

Exercer et plier la vie sous la discipline. A quoi bon ?

Bon à danser la vie, danser sa vie sur un air de Boccherini ou de Tchaïkovsky ou d’autres encore qui rythment et miment, qui règlent et accompagnent la respiration de l‘accord retrouvé. C’est la fusion absolue de l’espace engendré par le mouvement, la respiration et les silences du corps dans une kermesse irréelle de bonheur. Vaincre le corps afin d’offrir un alphabet facile et libéré jouant les mots d’un roman de vie simple et fragile au regard.

Danser c’est prêter au regardeur car il existe le regardeur, prêter l’intention de lecture. Je dis et regarde-moi bien, qu’est ce que tu vois, qu’est ce que t’en penses et surtout comment ça va dans tes tripes quand tu regardes ce rat aux égouts délicieux te folâtrer les mirettes en déchirant ton cœur.

Oui, t’as vu, je suis fait comme un rat ? J’attends tes soupirs, que tes mains brisent par leurs voix claquantes ma nuit et m’aide à trouver la connaissance ou la reconnaissance.

Je donne mon corps en offrande à ton existence, fais de ton mieux, imagine, construis, rêve si tu le veux à tout ce solfège d’émotions et de gestes qui ne sont là que pour partager des secondes d’infini.

Oui je suis vraiment fait comme un rat.

31/12/2015

Yannick Ra(t)capé

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Published by Yannick Racapé - dans A perdre alène
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